
Depuis qu’il avait fait cette découverte, il ne s’arrêtait plus, c’était devenu comme une drogue. Il négligeait tout, son travail, il n’en avait plus , ses amis, ou le peu qu’il avait, sa famille, sa vie. Mais c’était plus fort que lui, c’était la seule chose qu’il lui faisait oublier se monde qu’il détestait tant. Il avait toujours senti ça en lui, il savait depuis toujours et pourtant il ne l’avait découvert que depuis peu. Personne ne l’avait comprit, mais ça, ce n’était pas nouveau. Ah, il se sentait tellement en paix dans cet endroit, le seul endroit ou il pouvait être libre. Il regarda autour de lui, tout était si beau ! Plus beau que jamais, et c’était grâce à lui… Assis sur une falaise, le corps léger comme une plume, il observait l’horizon. Le soleil se couchait depuis déjà quelques heures et le ciel avait toujours cette teinte rouge orangé qu’il aimait tant, les nuages, eux, jouaient avec les formes et les couleurs et le bleu qui restait du ciel sublimait ce tableau de grand maître.
Il ferma les yeux quelques instant, pour pouvoir profiter des autres merveilles de ce lieu, sa beauté effaçant immédiatement tout le reste. Il sentit d’abord le vent sur son visage, s’engouffrant sous ses vêtements et rafraîchissant sa peau chauffée par le soleil. Ce vent emportait avec lui les senteurs de cet endroit, il y en avait plus qu’il n’aurait pu en sentir dans toute sa vie, il parvenait a distingué les odeurs de lilas, de muguet, et peu être de jasmin. Le vent soufflait à ses oreilles une douce musique, que les oiseaux complétaient de leurs chants. Il profita de ce doux moment, ressentant pleinement chacune de ces sensations. Il avait rarement réussit a atteindre une telle richesse de détails, il était fier, il ressentait vraiment les choses, quels progrès il avait pu faire depuis le début et plus il progressait, moins il pouvait s’en passer.
Ah ! S’il avait pu savoir a quel point sa pouvait être merveilleux, s’il avait pu découvrir ça avant. Et si les autres savaient, ils comprendraient. S’ils n’étaient pas aussi étroits d’esprit, il aurait pu les amener dans cet endroit, il aurait pu leur apprendre, c’était si simple en fait. Et ils s’étaient rendu compte que la plupart des enfants le font, mais ils perdent cette capacité en grandissant et ils oublient. C’était tellement dommage. Il n’en avait parlé a personne, ils savaient qu’on l’aurait prit pour un fou, mais ils devraient le faire, sa famille ne comprenait pas pourquoi il passait des heures et des heures enfermées dans sa chambre. S’ils savaient ! Si seulement ils savaient qu’il n’était pas enfermé, qu’il était libre.
Il rouvrit les yeux, contemplant a nouveau ce paysage immuable, toujours aussi splendide, il se contemplait lui-même, regardant sa richesse intérieure… Il entendit une voix, une voix lointaine qui troublait sa paix, elle venait de la bas… Il ne voulait pas y retourner mais il le fallait, il avait prit sa décision, il devait le lui dire… Il prit une grande inspiration, regardant a nouveau l’horizon pour s’imprégner ce moment, il se promit de vite retrouver cet endroit et ses yeux se fermèrent…
Il faisait encore jour, mais le soleil n’allait pas tarder a se coucher, il devait être l’heure de dîner. Sa femme le regardait, avec un mélange de tristesse et d’incompréhension dans le regard. Depuis quelque temps, leur relation s’était étiolée, murés chacun dans le silence, ils ne communiquaient plus. Il reconnaissait toujours en elle la femme qu’il aimait, mais sa deuxième vie lui apportait tellement de réconfort qu’elle ne laissait plus de place a son amour. Il espérait, cependant, qu’en lui en parlant, il pourrait l’emmenait avec lui dans son monde…
_ Le dîner est prêt, lui dit elle.
Et elle repartait, impuissante, elle sentait que son mari lui échappait, qu’il s’éloignait encore plus a chaque seconde. Elle avait pourtant essayé, mais, ses efforts n’avait rien donné. Elle était épuisée de cette situation et elle se demandait même si son amour n’avait pas déjà trop souffert pour pouvoir espérer un mieux. Même si tout s’arrangé, même s’il redevenait comme avant - chose qui avait peu de chance d’arriver - ça ne s’arrangerais pas. Elle le savait mais elle n’avait pas le courage d’arrêter cette relation qui l’usait petit a petit.
Le dîner se passait dans le silence habituel, il ne savait pas par où commencer, il devait le lui dire mais comment ? Les idées bouillonnaient dans sa tête, il savait que c’était maintenant où jamais. Mais il avait peur, peur qu’elle ne comprenne pas et de signer, pas la même occasion, la fin de leur relation… Il se lança finalement a la fin du dîner, au dernier moment, il lui avoua tout. Il lui expliqua qu’il avait trouvé cette façon extraordinaire de voyager, par la pensée. Il lui expliqua, qu’il était libre, il n’avait plus aucune limite. Et, mieux que tout, avec de l’entraînement, ce monde la pouvait être aussi réel que le « vrai ».
Il passa longtemps a parler de ces voyages, de cet autre monde qu’il aimait tant. Elle le laissa parler, l’écoutant d’une oreille attentive, c’était la raison pour laquelle il la délaissait, c’était donc pour ça qu’il laissait sa vie deperir. Ce nouveau monde passait avant tout, avant elle… Elle était donc moins importante que son monde imaginaire ! Elle n’était plus triste, elle était en rage, elle se mit a crier, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle disait, elle ne savait plus ce qu’il se passait, il n’aurait pas pu lui faire plus de mal. Elle qui le croyait tellement dépressif, elle qui pensait qu’il dormait toute la journée, qu’il était mal. Et pendant qu’elle s’inquiétait pour lui, il « voyageait » ! Oh, bien sur, si il se repliait dans ce monde, c’est bien parce qu’il était mal, seulement, il se complaisait dans cet état. Elle ne savait plus quoi faire et il ne semblait pas vouloir abandonner cet autre monde comme il l’appelait…
Il se leva de table et retourna dans la chambre, pour le retrouver, elle n’avait pas comprit, il en était furieux, il lui avait pourtant tout expliquer, il lui avait dit ce qu’il ressentait, mais l’avait elle seulement cru ? Il s’allongea et ferma les yeux.
La salle n’était pas pleine, il faut dire qu’il n’avait pas beaucoup d’amis, et qu’il ne travaillait plus. Sa famille était présente, elle avait toujours était la, et sa femme était restée, jusqu'à la fin. Ils se recueillerent tous, le regardant une dernière fois. Personne n’avait comprit ce qu’il s’était passé, même les médecins n’avaient pas d’explication, seule sa femme savait. Il était parti une dernière fois dans son autre monde, et ne voulait plus revenir, son cœur s’était arrêté de battre, le cercueil se referma, mais sur son visage, son sourire montrait à tous a quel point il était mieux la bas, où qu’il soit.
Voici un début de nouvelle, pour ceux qui auraient le courage de la lire, dite moi ce que vous en pensez. Toutes les critiques sont constructive (...soyez indulgents quand même...)
Début 2012, les Etats-Unis établissaient un traité avec des pays sous-développés en leur promettant une aide économique et commerciale. En contre partie, ces pays devraient faire respecter les droits de l’Homme et adopter une démocratie quelque peu modifiée. Grâce à cette aide, ces pays se développèrent, les gratte-ciels poussaient au milieu des villes qui s’étendaient à perte de vue.
Au fur et à mesure des années les Etats-Unis se rapprochèrent de ces pays, signant de plus en plus de traités. Le dollar devint monnaie nationale dans tout ces pays, en Afrique principalement. Puis ils simplifièrent les immigrations d’un côté et de l’autre, ces pays chauds et leurs territoires sauvages étaient très appréciés des américains et beaucoup d’entre eux vinrent s’y installer. Très vite, les américains prirent des postes importants et particulièrement dans la politique.
Les pays d’Europe suivaient attentivement les agissements des Etats-Unis. En 2017, elle imita les américains et colonisa une partie de l’Asie de la même façon que leurs prédécesseurs. Ce que l’on appelle la guerre de colonisation commença, les Etats-Unis avaient une longueur d’avance sur l’Europe, elle possédait déjà plus de la moitié de l’Afrique mais elle visait le continent entier. De plus elle s’attaqua à l’Amérique du Sud, et tous ces pays se laissaient endormir par la douce utopie de la liberté et de l’argent.
En 2019, l’Amérique, après avoir essuyé plusieurs guerres, avait atteint son but, la poignée d’hommes à l’origine de ce projet avait des contacts avec chaque présidents de ces pays. Ceux-ci, se voyaient verser une énorme somme d’argent tous les mois contre toutes les informations sur le pays et l’exécution de certains ordres venant directement d’eux. Les Européens contrôlaient les pays pauvres d’Asie et commençaient à s’attaquer à l’Océanie. Au bout de quelques années lorsque tout les pays pauvres furent contrôlés soit par l’un, soit par l’autre, les deux clans cherchèrent à s’associer aux pays riches restant.
En 2022 le monde se divisait nettement en deux clans Les Européens et les Américains. Un nouveau racisme fît son apparition chaque clan haïssait l’autre et les groupes extrémistes se multipliaient.
Le 6 août 2025 la guerre fût déclarée, les troupes Américaines débarquaient sur la côte méditerranéenne et en Russie. Les Européens se spécialisèrent dans les assauts aériens et ce furent eux les premiers à utiliser l’arme nucléaire. A la suite d’une bataille écrasante les Européens décidèrent d’envoyer la bombe qui dévasta trois états. C’est ainsi que tout s’enchaîna les Américains ripostèrent et envoyèrent 8 bombes à des endroits stratégiques, ces bombes étaient si puissantes qu’elles dévastèrent l’empire Européen. Les nuées toxiques tuèrent toutes vies autour d’elles et commençaient à attaquer l’atmosphère. Les Américains fêtaient leur victoire mais remarquèrent très vite que la température augmenta de plusieurs degrés. A peine quelques semaines passèrent avant qu’ils ne se rendent compte de la gravité de la situation mais il était déjà trop tard. Le niveau de la mer monta provoquant des raz de marées gigantesques, les ouragans et les tremblements de terre se multiplièrent détruisant tous les moyens de communications existant. Petit a petit les villes survivantes furent détruites, les hommes, intoxiqués par les radiations étaient désormais livrés à eux même, comme revenus à l’âge de pierre. Ainsi la loi du plus fort régna à nouveaux sur la Terre.
Le ciel était devenu rouge, les volcans se réveillèrent, les eaux se déchaînèrent, la colère de cette Terre, accumulée depuis des centaines d’années se déversa contre cet envahisseur. Les hommes se regroupèrent en bandes, dans des grottes ou des trous creusés à même la terre, d’autres survivaient dans de vieilles ruines. Pas un seul être vivant ne pouvait survivre dans les endroits les plus irradiés et les animaux se firent de plus en plus rares. Les hommes, ne pouvant plus chasser, se tuèrent entre eux. Certains, s’enfoncèrent plus profondément sous la terre, creusant des galeries de plus en nombreuses et s’y installèrent pour ne presque plus en ressortir. Les hommes de surface mouraient par centaines, les seuls survivants se trouvaient dans des endroits reculés, loin des radiations, la où la végétation et quelques animaux avaient survécu. Les années passèrent mais plus personne ne les comptait. La nature reprit enfin le dessus sur ces êtres impétueux.
Déjà plusieurs générations s’étaient succédées et les conditions de vies restaient inchangées. Les hommes vivaient rarement plus de 40 ans et la mortalité infantile était très élevée. Cependant un certain équilibre semblait s’être installé, la nature reprenait ses droits et la végétation avait pratiquement recouvert tout les vestiges de se passé perdu.
Les hommes de surface avaient établi une sorte de hiérarchie collective, ils se divisaient en clan avec un chef, les autres hommes s’occupaient de la chasse et les femmes des enfants. Le chef avait droit de vie ou de mort sur tout ses sujets. Ces conditions de vie semblaient leur avoir fait perdre leur humanité. Les hommes du sous-sol, eux aussi avait un chef, mais les décisions étaient prises collectivement, certains sortaient pour chasser, d’autres agrandissaient les galeries. Beaucoup d’entre eux ne connaissaient que l’obscurité de leurs souterrains et n’en sortiront jamais. Eclairés par quelques torches, ils s’étaient déjà habitués à cette nouvelle vie. Lukas était un de ceux là, il vivait dans ce qu’on appelait le nord de la Finlande, rescapé de la guerre atomique, elle n’avait pas échappé au nuage toxique qui avait enveloppé la Terre. Ce pays froid dont les températures ne dépassait pas 20 degrés en été, pouvait désormais atteindre 40 degrés aux moments les plus chauds. Lukas avait fait le choix de ne plus remonter à la surface, il agrandissait les dédales de galerie en creusant toujours plus profond. Il travaillait au sein d’une équipe de plusieurs personnes qui devaient coordonner leur travail en faisant attention de ne pas crée trop de tunnels pour maintenir une certaine solidité dans leurs constructions. Il semblait s’être passé des siècles depuis le grand bouleversement mais chacun savait que tout ne faisait que commencer et qu’ils seraient condamnés a survivre sous terre. Leurs cité actuelle comportait une grande salle, pour manger et se détendre, chacun avait droit a une petite pièce pour dormir.
Après une longue journée de travail, tout le monde se retrouvaient dans la grande salle. Les chasseurs revenaient avec quelques animaux, des rongeurs et des antilopes, d’autres avec quelques fruits, la chasse n’avait pas toujours était aussi bonne et ils étaient habitué à manger peu. Ils étaient a présent plus de cinquante a vivre ici, ils ne connaissaient la vie d’avant que part les quelques histoires qui s’étaient transmises de générations en générations. Comme tout les soirs, à la lueur du feu, Viktor, le vieillard, contait les vieilles légendes qu’il tenait de son père. Tout les enfants de la communauté étaient assis en cercle autour de lui, pendus à ses lèvres. Tous connaissaient par cœur ses histoires mais ne se lassaient jamais de les entendre. Le vieil homme aimait particulièrement raconter l’histoire de la conquête du ciel, qui était d’autant plus impressionnante que ces enfants ne l’avait jamais vu. Ils n’avaient jamais eu la chance de contempler le ciel étoilé, les coucher de soleil, l’immensité du ciel. Eux qui ne connaissaient que la noirceur de leurs galeries pouvaient à peine imaginer la lumière du soleil et la clarté de la lune. Lukas aimait écouter ses histoires, comme s’il faisait encore partie de l’ancien monde. Lukas s’assit un peu en retrait et écouta ses paroles :
_ Avant le grand bouleversement, les hommes ne voyagé plus à pied, ils avaient des machines qui avançait très très vite, ils pouvaient communiquer entre eux même si ils étaient éloigné de plusieurs centaine de kilomètre…
_ Pourquoi on a plus tous sa nous ? demanda une petite fille.
Cette petite fille, Lukas la connaissait bien, c’était Milhi, il avait toujours était impressionné par la vivacité qui émanait de cet enfant. Elle avait perdu ses parents et elle avait était recueillit par Zoïa. Le vieil homme fut d’abord surpris par cette question mais il décida de parler de ce qu’il avait toujours voulut éviter :
_Les anciens était aveuglé par la haine et le pouvoir, commença t’il, ils avaient un grand savoir mais ils l’utilisaient pour faire le mal, ils ont construit une arme qui pouvait dévasté plusieurs villes en un souffle mais personne n’osait l’utiliser parce que chacun savait que s’ils s’en servaient ils seraient à leur tour attaqué. La tension refoulée s’amplifia tant et si bien qu’il lui fallait une échappatoire, c’est ainsi qu’une politique de terreur s’installa. Tout les pays de la Terre s’unifièrent en deux supers puissances dirigeaient par deux dictateurs. Chacun croyait détenir la vérité et voulait devenir le maître du monde, aussi le régime devint de plus en plus répressif. Quelque révoltes éclatèrent, mais elles étaient très vite maté dans le sang. Cependant le peuple voulait du changement et ne supportait plus cette pression permanente, il fallait trouver un moyen pour changer les choses et le seul moyen qu’ils connaissaient c’était la guerre. La première bombe fut lancé et la guerre commença mais ne dura pas longtemps. Les bombes tombèrent détruisant tout sur leur passage et un nuage empoisonné enveloppa la Terre. Leur savoir disparu avec cette guerre. Notre devoir et de nous souvenir du passé pour ne pas le reproduire.
à suivre...
Voici la suite, si quelqu'un est motivé pour la lire...
Les questions fusèrent mais Lukas n’écoutait plus, le temps s’écoulait comme au ralentis, Zoïa venait d’entrée dans la salle. Ses longs cheveux blonds ondulaient au rythme de ses pas. Elle semblait flottait, comme venue d’un autre âge. Ses yeux verts balayèrent la pièce puis se fixèrent sur Milhi. Viktor avait terminé de parler et la viande était cuite, tout le monde se rassembla dans un coin de la grande salle. Chacun avait droit a une part égale et tous mangeaient avec appétit. Pendant le repas, personne ne parlait, tous savouraient.
A la fin du repas, les percussions entonnèrent leur chants, leur rythme effréné résonnait dans les tympans. Les corps se mirent à danser, ils avaient besoin d’évacuer leurs peines, leurs douleurs, ce sentiment d’injustice qui s’était encré au plus profond d’eux même depuis le début du grand bouleversement. Lukas n’aimait pas danser, il était assis un peu plus loin, cherchant Zoïa du regard, ils avaient pris l’habitude de se rejoindre tout les soirs à l’écart de la fête pour discuter. Il la connaissait mieux que personne et chaque fois, elle arrivait à le surprendre. Sa mère était morte en couche, son père était un sage, le doyen de la communauté, il avait réussi à instauré un système d’entre aide, ou le travail était répartit selon les besoins et les facultés de chacun. Lui aussi était mort quelques années plus tôt dans un éboulement avec une bonne partie de la communauté. Dimitri, leur chef actuel lui avait succéder. Zoïa avait adopté la petite Milhi et l’avait aimée comme sa propre fille.
Elle apparut enfin, se dirigea vers lui et chuchota de la rejoindre dans la grande salle lorsque tout le monde seraient endormis. Lukas fut d’abord surprit puis décida de lui faire confiance, cependant le fait de ne pas lui révéler ses intentions le laissait perplexe. Elle avait précisé qu’il valait mieux pour lui d’aller se reposer avant de la rejoindre.
Il faisait noir, les seules torches encore allumées étaient celles de la galerie principale. Lukas entra dans la grande salle, n’osant émettre le moindre son. Il avança doucement sans distinguer la moindre forme. Une main se posa sur sa bouche. Surpris, il se retourna d’un coup sec. Il reconnu la silhouette de Zoïa, un sac sur les épaules, elle lui fit signe de se taire, approcha sa bouche de son oreille.
_Suis moi, lui chuchota t’elle.
_Mais où tu veux m’amener ? demanda t’il, agacer.
_Suis moi, répéta t’elle.
Il ne comprenait pourquoi elle faisait tant de mystère, mais elle avait piqué sa curiosité, elle l’emmena dans la galerie principale, celle qui conduisait vers la surface. Il n’osait pas l’arrêter, pourtant sortir des galeries, la nuit qui plus est, était formellement interdit. Seul les chasseurs avait le droit de sortir et seulement en groupe. La surface regorgeait de danger, le nuage toxique pouvait les tuer mais Lukas ne pouvait renoncer à cette occasion d’y aller. Même si il avait toujours rêver de voir à quoi le monde pouvait ressembler ,seul, il n’aurait jamais eu le courage de sortir de ses galeries. Heureusement, Zoïa avait assez de courage pour deux. La sortie était proche, il pouvait apercevoir les fins rayons de la lune. Etrange, cette lumière était bleuté, lui qui n’avait connu que la lumière orange des torches, il n’avait jamais imaginé de lumière bleue. Il était impatient et angoissé de se retrouver dans un endroit ou les mur n’existent pas. Un jour un chasseur lui avait expliqué que la première fois avait était difficile, d’abord aveuglé par la lumière, il avait tourné de l’œil en voyant l’immensité qui s’étendait devant lui. Lukas espérait tout de même que la nuit réduirait cette impression d’infini.
La sortie approchait, sa respiration se bloqua. Il n’arrivait pas à y croire, pour la première fois de sa vie, il venait de sortir de ses galeries. La première chose qui le surpris c’était l’air, il sentait la forêt, les végétaux, la nature. Ce n’était plus cette odeur de renfermé, c’était magique. Des arbres immenses s’élevaient devant lui, une foret, une immense forêt. Il avait vu quelques plantes, ramenait par des chasseurs pour produire l’air nécessaire à la communauté. La lune s’élevait haut dans le ciel, elle était majestueuse, on pouvait y distinguer un visage, doux et bienveillant, sa lumière enveloppée tout d’un manteau bleuté rendant ce paysage presque irréel. Lukas était ému par tant de beauté. Un écureuil croisa sa route, lui qui n’avais vu que des fourmis, des vers et quelques lombrics était fasciné par cet animal à fourrure. Une chouette hulula, il fut d’abord effrayé, mais en s’approchant, il vit cet étrange animal, essaya de le toucher mais il s’envola. La nature était merveilleuse, pleine de ressource. Il ne pouvait détacher son regard des arbres, ils étaient dix fois plus grand que lui et il se demanda comment ces immenses structures parvenaient à tenir debout sans plier. Il se retourna vers Zoïa, il la trouva encore plus belle, peu être à cause de la lumière, tout en cet endroit rendait ce moment magique. Elle lui fit un sourire complique, et l’intima de le suivre. Lukas ne pouvait dire le moindre mot, peu être par peur de se réveiller, de se rendre compte que tout cela n’était qu’un rêve.
Zoïa avançait suivi de près par Lukas qui ne pouvait s’empêcher d’observer tout autour de lui, elle emprunta un petit sentier, les senteurs de pin emplissaient les narines, Lukas s’arrêta au bord du sentier, cueillit une petite fleur rose, elle sentait bon, un tel étalage d’odeur était tout bonnement surréaliste. Pourtant c’était bien la réalité, mais une réalité cachée aux yeux de la communauté. L’air semblait pure, la nature était belle, il ne comprenait pas pourquoi ils devaient continuer à vivre dans la noirceur de leurs galeries. Zoïa continuait d’avancer, elle se retourné de temps en temps pour voir si Lukas la suivait toujours. Elle tourna et passa au travers d’une haie et s’arrêta, Lukas, juste à coté d’elle était toujours incapable de parler. Un bâtiment imposant en pierre blanche leur faisait face.
_On y est.
_On est où ? demanda Lukas
_Viens.
Ils gravirent les quelque marches et arrivèrent devant la porte, elle devait faire plusieurs mètre de haut et était entouré de deux immenses colonnes. La porte était ouverte, il faisait noir, les quelques rayons de lumière traversaient les vitres brisées. Leur yeux s'accoutumèrent peu à peu à l’obscurité d’autant plus qu’ils y étaient habitués. Après avoir passé l’entrée, ils se trouvèrent devant une vaste salle, sur les murs étaient posées des étagères s’élevant jusqu’au plafond. Des tables étaient posées de part et d’autre de la pièce. Ils avancèrent jusqu’aux centre de la pièce l’observant a présent dans son ensemble. Les anciens voyait tout en grand, pensa Lukas. Peu être était ils des géants. Il sourit à cette idée. Il était évident que ce n’était pas des géants, seulement des êtres à l’ego surdimensionné. C’était pour sa qu’ils construisaient des édifices aussi monumentaux, pour se prouver leur force. Zoïa choisit se moment pour sortir une torche de son sac et de l’allumer grâce à un petit bâtonnet de soufre. A la lueur du feu la salle n’en était encore plus impressionnante.
_C’est quoi cet endroit ? demanda Lukas
_La mémoire des anciens, répondit Zoïa, ils inscrivaient tout leur savoir dans ses manuscrits et les regroupèrent ici, malheureusement ils sont écrit dans une langue inconnu et il est impossible pour le moment de les traduire.
_Pourquoi m’as-tu emmenez ici ?
_Pour que tu vois, c’est la plus grande découverte qu’on est jamais fait, il y à sûrement beaucoup d’autres endroits encore intacte mais tu sais aussi bien que moi que nous n’avons pas le droit de sortir.
_Justement, comment as-tu fais pour trouver cet endroit ?
_Un soir, j’ai surpris Dimitri sortir en douce, en pleine nuit. Il a recommencé la nuit suivante, puis la nuit d’après. J’ai décidé de le suivre, jusqu’ici. Il vient toutes les nuits.
_ Et tu crois qu’il dira quoi en nous voyant ici ?
_Justement, on a pas beaucoup de temps, il faut chercher maintenant.
_Tu es folle, on ne sais même pas ce qu’on doit chercher.
Mais Zoïa ne l’écoutait plus, elle fouillait déjà dans les livres, Lukas s’approcha et les regarda , il en saisit un et l’ouvrit au hasard. Il n’avait jamais rien vu de pareil, il allait de découverte en découverte. Ces suites de signes semblaient vouloir dire quelque chose, mais comment déchiffrer quelque chose dont on ignore tout, quelques images ponctuaient certaines pages, des animaux inconnues, des paysages magnifiques.
_Lukas, viens voir !
_Qu’est ce qu’il y a ? demanda t’il en s’approchant de Zoïa.
_Regarde, c’est une carte ! Une carte de l’ancien monde !
C’était bien une carte, en marron, les continents, en bleu, les mers, en tout cas, c’est ce que supposait Lukas puisqu’il n’avait jamais vu la mer, pour lui l’eau était transparente et non bleue. Il devait se fier aux paroles de Viktor pour analyser cette carte.
_Tu as vu comme c’est grand, s’étonna Zoïa.
_Oui c’est immense, comme tout ce qui touche au monde des anciens.
_Il faut qu’on s’en aille, sa va être l’heure.
Ils prirent la carte avec eux et sortirent en courant de peur de croiser leur chef. Ils suivirent le chemin qui les avait mené jusqu’ici mais Zoïa lui indiqua un autre chemin, au détour d’un sentier, ils arrivèrent au bord d’un lac. La lune reflétait ses pâles couleurs sur la surface. L’endroit respirait la paix, une petite cascade rythmé cet endroit d’une musique douce. Des lucioles tournoyaient dans les airs comme autant de petites étoiles.
_Je vient ici souvent, expliqua Zoïa, c’est mon paradis.
_C’est magnifique
Lukas s’approcha de l’eau, elle était claire et limpide, il plongea sa main, elle était bonne. Se baignait, il n’aurait jamais osé le rêver. Zoïa, le laissant à ses pensées, avait déjà escaladé le rocher surplombant le lac et plongea dans l’eau, éclaboussant Lukas. Il fut d’abord surpris mais voyant le sourire radieux de son amie il n’hésita pas longtemps avant de la rejoindre., L’eau fraîche sur son corps était une sensation toute nouvelle. Il plongea sa tête sous l’eau, il se sentait léger comme l’air, il brassa l’eau autour de lui sans vraiment réaliser ce qu’il faisait. Zoïa le regardait d’un air amusé, elle aussi se souvenait de la première fois ou elle avait découvert cet élément inconnu. Elle plongea sous l’eau, Lukas la chercha des yeux, elle réapparut juste devant lui. Difficile de croire qu’ils avait toujours vécu loin de tout sa. Il regarda autour de lui, tout cela semblait si irréel. Il était comme hypnotisé par cet étrange endroit. Zoïa voyait bien qu’il était, comme à son habitude, perdu dans ses pensées. Elle sortit de l’eau et s’allongea dans l’herbe au bord du lac. Lukas alla la rejoindre.
_A ton avis, pourquoi vit on toujours sous terre ? demanda t’il
_Je ne sais pas.
_Mais Dimitri sais que nous pouvons sortir de nos galeries, il sais que l’air n’est plus toxique, pourquoi nous a-t-il menti toute ses années ?
_Je crois que c’est pour mieux nous contrôler, moins nous en savons, plus on croira ce qu’il nous dit.
_C’est pour sa qu’il n’aime pas beaucoup Victor, remarqua Lukas.
_Il se méfie de lui mais il le contrôle aussi, ce pauvre homme ne sortira jamais des galeries, il ne parle que de se que son père lui as raconté, compléta Zoïa.
_Et les chasseurs, eux aussi ils savent.
_Ils ne savent pas grand-chose, ce sont les plus fidèles de Dimitri, ils le suivraient où qu’il aille.
Lukas se leva brusquement, il n’arrivait pas à croire qu’on est pu lui mentir toutes ses années. Toute la communauté est enchaîné à un destin dont ils ne peuvent se défaire.
_Il faut leur dire !
_Non, ce n’est pas le moment, Nous sommes les seuls à avoir ouvert les yeux. Personne ne nous croirais, personne ne voudrait nous suivre et…
Elle s’interrompit, ses yeux, d’ordinaire si pétillant se remplirent de larmes. Lukas s’agenouilla.
_Qu’y a-t-il ?
_Il pourrait nous tuer…comme il a tuer mon père.
_Quoi ? Tu crois vraiment qu’il soit responsable de l’éboulement ?
_Quand mon père était encore en vie, il aimait sortir des galeries la nuit, c’est lui qui à découvert cet endroit. Il savait que la communauté n’était pas prête alors il en à parler qu’a ceux qu’il savait assez fort pour assumer cette révélation. Au fil du temps, ils étaient de plus en plus nombreux à savoir et il préparait notre retour sur terre mais ils on tous étaient tué dans l’éboulement, et Dimitri a pris sa place. Je sais que c’est lui.
S’en était trop pour Lukas, la rage lui dévorait les entrailles, mais il préférais ne rien dire, la tristesse de Zoïa le toucha au plus profond de lui-même. Elle qui n’était que joie de vivre, elle savait, mieux que quiconque, cacher sa peine.
_Partons ensemble, lui dit il. On prend nos affaires et on part vivre en surface.
_Tout les deux ? répondit elle avec un petit sourire. Non, on ne peut pas, que va devenir Milhi, je ne peut pas la laisser. Et puis c’est impossible, on ne peut pas quitter le groupe, sa serais fuir et je ne veux pas fuir.
_Alors on va se battre !
Zoïa regarda Lukas, il était tellement gentil, il avait toujours était la pour elle. Elle pouvait tout lui dire, il ne la jugerais jamais, oui, c’était cela qu’elle aimais le plus chez lui, sa compréhension. Tout devenait clair à présent, dans cet endroit, loin des problèmes de la communauté. Elle ne voulait plus survivre, elle voulait vivre. Elle passa sa main sur sa joue, leurs visages s’approchèrent, ils se regardaient, les yeux dans les yeux et firent ce dont chacun rêvait depuis toujours sans avoir osait se l’avouer eux-même. Ils s’embrassèrent, un doux et tendre baiser. Le temps semblait s’être figé sur cet instant pour qu’il dure l’éternité. Cette nuit là leurs âmes et leurs corps ne firent plus qu’un, dans la douceur de la nuit. Et ils s’endormirent, l’un contre l’autre, d’un sommeil apaisant.
Le jour ne s’était pas encore levé lorsqu’il se réveillèrent, il leur fallait faire vite, personne ne devait savoir. Le chemin du retour était encore plus impressionnant pour Lukas, les papillons voletaient autour des fleur, se désaltérant aux gouttes de rosée. Leurs couleurs rayonnaient, Lukas ne comprenait pas comment la nature avait pu créer des êtres aussi beau. Main dans la main avec Zoïa, Lukas se sentait bien, cette petite douleur à l’estomac qu’il supportait depuis toujours avait disparue. Ils arrivèrent enfin aux galeries, le soleil commençait à se lever, le ciel pris une teinte rosée, une dernière vision de douceur pour Lukas qui ne pouvait l’observer plus longtemps. Par chance, la communauté dormait encore, il rentrèrent donc dans leur chambres respectives.
Les jours passèrent, ils avaient décidé d’un commun accord de ne rien tenter, préférant laisser les choses suivre leur cour. Ils auraient voulu laisser leur amour secret mais Zoïa tomba enceinte. Un nouveau-né était toujours une bénédiction. Lukas ne pensait plus à se battre, il voulait une vie paisible pour Zoïa et leur enfant, ils se rendaient toujours au lac la nuit, c’était leur jardin secret dont ils ne parlaient à personne. Il continué à creuser des galeries, Dimitri, dans sa folie de grandeur avait décider de se faire creuser une résidence personnelle, plus grande encore que la salle principale. Lukas n’approuvait pas ces divagations mais il préférait se taire, ce n’était pas le moment pour lui de se rebeller. Le vieux Victor était mort et avec lui, la mémoire de l’ancien monde. Tout ces évènements laisser pressentir de nombreux changement mais personne ne pouvaient dire si tout cela était bon ou mauvais. Tout le monde sentaient qu’à partir de ce moment tout allé être différent.
Lorsque la demeure de Dimitri fut finit, celui-ci décida de l’inaugurer par une fête. Cette fête ne fut pas vraiment différente de celles qui closent habituellement chaque journées à ceci près qu’elle dura toute la journée. Toute une journée de danse et de musique, Les tambours battaient le rythme, les chœurs chantaient, les corps sautaient faisant trembler la terre. Tout le monde dansaient ensemble, les cœurs battaient à l’unisson. Toute la communauté était présente, même Zoïa et Lukas avaient décidaient de se joindre a cette danse effrénée alimenté par leur haine et leur douleur.
Soudain, un grondement retentit, la terre trembla comme jamais elle n’avait trembler, des pans entier de mur cédèrent, la terre s’effondra, ensevelissant des dizaines de personnes. La panique gagna les esprits, les hommes et les femmes hurlaient, les enfants pleuraient. Lukas chercha Zoïa, elle creuser la terre qui venait de s’effondrait. Milhi était parmi les victimes. Elle criait, hurlait qu’elle allait la sauver, mais c’était trop tard pour elle. Elle venait de rejoindre ses parents dans la mort. La terre continuait à gronder, elle ne tiendrait pas longtemps. Lukas courut chercher Zoïa, l’attrapa par le bras pour se sauver avec elle mais elle résistait, elle ne voulait pas abandonner Milhi. Lukas regarda vers la sortit, tout le monde courait pour échapper à la terre destructrice. Le plafond céda, tuant tout ceux qui essayer de fuir. C’en était fini. Il n’y avait plus de sortie. Lukas se jeta contre le mur de terre qui le séparait de la liberté, il creusa de toute ses forces. Zoïa qui avait renoncé à sauver Milhi, se serrait contre lui, pleurant toutes les larmes de son corps. Elle avait perdu Milhi, elle ne voulait pas perdre son enfant. Dans sa frénésie, Lukas avait réussit à creusé un début de tunnel, il se dit qu’il y avait encore un espoir lorsque la terre s’effondra de nouveau, ensevelissant Zoïa. Ses jambes étaient bloqués par le poids de la terre. Il ne pouvait plus bougé, il avait perdu Zoïa, son enfant, toute sa vie. Son seul réconfort était de savoir que sa vie était fini, Zoïa et lui seraient ensemble pour l’éternité, uni dans la mort. L’air se faisait de plus en plus rare, il suffoquait. La colère, la tristesse, le découragement se succédait dans son esprit. Avant de mourir, ses dernière pensées furent pour les anciens, c’était eux qu’il haïssait le plus. Il ne pouvait s’empêcher de penser que tout était de leur faute. Leurs orgueils, leurs égoïsmes avait causer leur perte et celle de leurs descendants.
Nicolas se réveilla avec un sentiment étrange, son rêve s’effaçait petit à petit de sa mémoire. Il lui semblait devoir se souvenir de quelque chose mais plus il cherchait dans son esprit plus cette impression semblait lointaine. Il se leva et s’affala dans son canapé, la télécommande à la main et alluma la télé. C’était les informations nationales, la journaliste apparut sur l’écran, sourire aux lèvres :
« Aujourd’hui, la France compte ses morts après la tempête dévastatrice qui l’a traversé. On reviendra sur le problème des banlieues, encore plusieurs voiture brûlées dans les quartiers sensibles de Paris. Trois attentats suicides dans le métro bordelais on fait 23 morts et 56 blessés. Au niveau mondial : Montréal, trois adolescents on pris un lycée en otage, les autorités n’on pas encore pu les résonner. La guerre fait toujours rage en… »
Il préféra éteindre la télé, entendre les problèmes de ses contemporains ne changerait pas le monde. Défaitiste, il préféra retourner se coucher.